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METEO FRANCE - Aïguat fantastique sur le Roussillon
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Octobre 1940

Aïguat fantastique sur le Roussillon

En 1940, un épisode pluvieux fantastique a touché, du 16 au 20 octobre, les Pyrénées-Orientales, l'Aude, ainsi que la Catalogne espagnole.

Il y eut plus de 300 morts en Catalogne, 50 en France, dont la moitié à Amélie-les-Bains et ses environs.

L'hydrologue Maurice Pardé l'a qualifié de "crue de référence", la plus violente depuis celle du 16 octobre 1763 sur les Pyrénées-Orientales:
"...ce qui s'est passé en octobre 1940 autour du Canigou, extrêmité imposante (2785 m) de la barrière pyrénéenne vers la Méditerranée, rivalise avec les cataclysmes les plus effrayants de l'Ardèche, des hauts Gardons, de la Cèze supérieure, de l'Erieu, etc."

Ces coupures de presse sont extraites du livre: 1940: "L'AIGUAT"

Les mesures pluviométriques pour cet épisode pluvieux exceptionnel sont malheureusement rares et souvent imprécises. C'était la guerre, le service météorologique français désorganisé n'avait plus les moyens de collecter les informations recueillies d'où la difficulté de l'étude.

Dans la quinzaine qui suivit l"aïguat", Maurice Pardé fut nommé expert officiel de l'Etat par le gouvernement, à charge de se prononcer sur les raisons exactes d'un tel sinistre. Il lança une large enquête auprès des instituteurs du département.

Il a été mesuré 840 mm de pluie le 17 octobre à l'usine électrique de la Llau. Cette valeur a été officialisée comme étant le record de pluie en 24 heures pour l'Europe. Or le pluviomètre a débordé à 4 reprises entre 12 h 00 et 19 h 30 ce jour-là, la valeur réelle semble donc encore bien supérieure à ce chiffre...

La valeur de 1000 mm pour la journée du 17 mesurée à Saint-Laurent-de-Cerdans est certainement beaucoup plus proche des quantités de pluie réellement tombées ce jour là.

Sur l’Aude, les précipitations ont atteint 150 à 200 mm en quelques heures. L’épisode a touché jusqu’à l’Orb, dans l'Hérault, recevant de 100 à 150 mm.

Sur les Pyrénées-Orientales, département particulièrement affecté, les pluies ont débuté le 16 octobre, d'abord sur les Albères et la plaine du Roussillon, puis ont gagné vers l'intérieur.

En Vallespir, Conflent et Fenouillèdes, elles ont été qualifiées de diluviennes durant la nuit du 16 au 17 avec un maximum d'intensité en fin de matinée du 17 et fin d'après-midi, début de soirée. Ces précipitations ont été accompagnées de phénomènes orageux parfois violents en Haut-Vallespir et sur le Canigou.

Elles ont provoqué des crues catastrophiques le 17 en après-midi et dans la nuit du 17 au 18. Les pluies diminuant d'intensité le vendredi 18, la décrue des rivières s'est amorcée.

Le 19, une reprise des précipitations s'est accompagnée d'une nouvelle montée des eaux des rivières, mais moins désastreuse que celle du 17.

Ces hauteurs d'eau, considérées comme une "anomalie fantastique", sont bien en rapport avec les crues dévastatrices qu'elles ont engendrées sur l’Aude et ses affluents, notamment la Salz, et sur les rivières dévalant du Canigou (2785 m), principalement l’Agly, la Têt et le Tech et ses affluents (le Canidiel, la Coumelade, le Riu-Ferrer, la Parsigoule, etc.).

Les éboulements ont été grandioses (source: Maurice Pardé):

" Celui de la Baillanouse, à 3 km en aval de Prats-de-Mollo a barré la vallée par un mur haut d’une cinquantaine de mètres sur les deux bords, d’une quarantaine au milieu, long d’environ 200 m et au moins aussi épais."

Les tourbillonnantes et mugissantes coulées liquides et solides ont multiplié les ruines. En France, 200 immeubles succombèrent, dont un soixantaine dans l’agglomération Arles (sur-Tech)-Amélie (les-Bains)-Palalda, une trentaine à Vernet-les-Bains, quelques dizaines à Prats (de-Mollo).

La gare d’Amélie fut rasée, deux usines électriques sur la Coumelade et deux sur le Tech furent pulvérisées ; en Catalogne, les vallées où se presse un habitat plus dense et plus industriel éprouvèrent des massacres encore plus terribles de maisons et en particulier d’usines, par exemple à Olot, à Saint-Privat, à San-Juan-des-Fonts, à Torrello, à Gerone, où une centaine de maisons se seraient écroulées. Les voies de communication ont énormément pâti…Il a fallu des semaines ou des mois pour les rétablir.

Peu de grands ponts périrent en France à part ceux de Rivesaltes et du chemin de fer d’Elne ; mais plusieurs dizaines de petits ouvrages furent culbutés ou broyés. Certains ponts longs de 90 mètres et plus dont ceux de l’Ille-sur-Têt, de Saint-Jean-Pla-de-Corts et de Brouilla sur le Tech restèrent debout mais isolés au-dessus des rivières par la perte de leurs avenues. Le flot emporta les cultures, les prairies, les arbres fruitiers sur des milliers d’hectares dans les hauts bassins où il remplaça la terre cultivable par des accumulations hideuses de cailloux, de blocs ou de sables grossiers, dévastation irréparable avant des siècles peut-être… "


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