6 au 8 novembre 1982

Tempête et inondations majeures sur le grand Sud


Cette violente tempête, accompagnée de très fortes pluies, balaie l’Europe occidentale causant des destructions catastrophiques dans une trentaine de départements et de nombreuses victimes : en France 15 morts et 60 blessés, 12 morts en Andorre.

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Par son extension spatiale, les quantités d’eau enregistrées, les dégâts dus aux inondations, aux vents et à la houle, cet événement est l’un des plus formidables sur la moitié sud de la France sur ces 30 dernières années.

La zone de pluie s’est déplacée lentement d’ouest en est.

L’épisode aura duré 40 à 60 heures suivant les endroits.

Il débute dans la matinée du 6 sur le sud du Massif central, les Pyrénées, les Alpes et la Corse et y connaît son paroxysme le lendemain, pour se terminer dans la nuit du 7 au 8, sauf à l’ouest, dans les Pyrénées occidentales, où il pleut encore le 8.

Les valeurs observées sont remarquables : les 6 et 7, plus de 300 à 500 mm sur l’ensemble des Cévennes et l’est des Pyrénées où, dans la région de l’Hospitalet en Ariège, il est tombé 344 mm en 3 jours (record depuis 1961) et le maximum de 610 mm est recueilli à Py (Pyrénées-Orientales). Cette valeur figure parmi les plus fortes enregistrées sur les régions méditerranéennes de la France.

Lire l’article extrait des Annales Climatologiques
du département des Pyrénées-Orientales de 1982

(document PDF).

On remarquera l’important effet de fœhn sur les Pyrénées :

- à l’Hospitalet (Ariège), on recueille 349 mm et seulement 59 mm à Ax-les-Thermes, distant de 18 km,

- 10 mm à Tramezaygues et 44 mm à Bordères, distant de 25 km.

Également un cumul important observé en Corse-du-Sud, avec plus de 350 mm au col de Larone pour la seule journée du 7.

L’est du Rhône et surtout les Alpes-Maritimes seront concernés le 8 avec plus de 200 mm. Sur la Corse il tombera encore environ 200 mm en Castagniccia.

Ces abats d’eau considérables ont engendré la colère des fleuves et rivières : Gard, Hérault, Rhône, Var, etc.

Mais les crues les plus importantes se sont produites :

- sur l’est des Pyrénées, notamment sur le Tech,

- sur l’Ariège avec une crue centennale : une victime, RN 20, routes, ponts et voie ferrée emportés en plusieurs endroits à l’amont d’Ax-les-Thermes,

- et sur la Neste-d’Aure (Hautes-Pyrénées). La crue de la Pique inonda Luchon avec une hauteur d’eau de 2m70. Des inondations catastrophiques touchèrent également l’Andorre et les vallées espagnoles de l’Esera, de Noguères et du Sègre.

- et sur le flanc ouest des Cévennes où le Tarn a égalé sa cote de 1930 en amont d’Albi.

Des vents remarquables ont soufflé, atteignant plus de 140 km/h à l’intérieur des terres, comme au Puy, à Aurillac, à Millau et plus de 180 km/h sur le littoral languedocien.

- Voir le tableau de rafales remarquables enregistrées sur le Sud lors de la tempête de 1982 (Document PDF)

Levant une houle dévastatrice et des surcotes sur les côtes méditerranéennes, ces tempêtes ont un effet aggravant sur les crues, car elles perturbent l’écoulement des fleuves vers la mer.

A lire sur cet événement :
- "Tempête des 6, 7 et 8 novembre 1982", note de travail du Service Météorologique métropolitain, novembre 1983. (Attention : document PDF de 74 Mo. Cliquer pour télécharger).

- l’article de Guy Blanchet, extrait de la lettre n°9 de la SMF (Société météorologique de France) parue en novembre 2008.

Une tempête similaire a touché les régions méditerranéennes en décembre 1997.


Animation des cumuls quotidiens sur le sud de la France du 6 au 13 novembre 1982

Carte des cumuls sur 2 jours
sur les Pyrénées-Orientales
6 et 7 novembre 1982
Carte des cumuls sur 3 jours
sur les Pyrénées
Du 6 au 8 novembre 1982